Fais-toi une belle vie | Critique du Journal de Montréal

Préparez-vous à rire aux éclats, mais également à réfléchir sur votre bonheur personnel dans la nouvelle pièce de théâtre Fais-toi une belle vie, qui met en vedette le couple Guillaume Lemay-Thivierge et Émily Bégin pour la première fois ensemble sur scène, cet été à Gatineau.

Le couple partage la scène aux côtés de François Chénier et Sandrine Bisson dans cette comédie qu’on pourrait qualifier de dramatique. Si les blagues fusent de toutes parts, des moments d’émotion et de réflexion sur la vie sont au menu de ce scénario écrit par François Chénier et mis en scène par Yves Desgagnés.
La pièce raconte la vie de Michel (Guillaume Lemay-Thivierge), aux abords de la quarantaine, qui vit une dépression. Pour l’aider à se remettre sur pied, sa femme achète un chalet avec un couple d’amis afin de lui faire vivre une thérapie dans la nature.
Cet achat de groupe, qui semble une bonne idée sur papier, s’avère toutefois un cauchemar et pourrait vous y faire penser à deux fois avant d’imiter ce quatuor.

Concept rafraîchissant

La pièce ne réinvente pas la roue, mais elle s’avère efficace pour vous faire passer un bon moment.
Le concept du spectacle, lui, se veut toutefois rafraîchissant alors qu’on suit l’histoire à travers un immense écran de téléphone cellu­laire, placé devant la scène.
Il s’agit du téléphone d’une adolescente, impliquée dans l’histoire, qui filme les deux couples à l’intérieur de leur chalet.
Charlie Lemay-Thivierge, la fille de Guillaume, brise le quatrième mur du théâtre en racontant directement au public le fil des événements.
Une façon intelligente d’avancer rapidement dans le temps. Lorsqu’elle avance « la vidéo », les comédiens bougent rapidement sur scène, donnant l’impression que les heures passent à vive allure.
Pendant une séquence, elle montre au public en rafale les meilleurs moments d’une discussion politique, ce qui permet d’enchaîner les gags les uns à la suite des autres très rapidement. Le procédé donne un rythme très intéressant à la pièce.
L’adolescente offre une brillante performance dans son rôle de jeune malengueulée. Elle est le moteur d’un choc des générations, tant avec les autres comédiens qu’avec le public qui grince des dents devant certaines des affirmations de la jeune fille.

Un peu long

Si la plupart des blagues sont bien ficelées, Fais-toi une belle vie aurait toutefois pu être écourté. Les dernières minutes de cette pièce, qui dure près de deux heures, sont peu utiles. Attendez-vous d’ailleurs à une fin froide. Qui n’a rien à voir avec les contes de fées.
Si vous êtes en crise existentielle ou que votre couple bat de l’aile, Fais-toi une belle vie pourrait vous pousser à vous prendre en main. Pour les autres, elle vous permettra assurément de rire un bon coup.